La malade en pleine forme

 

On a tous rêvé d’avoir quelques jours de plus à la fin de nos vacances, surtout lorsque pour 2 semaines et demi, il y a 4 ou 5 jours de transport. Mais qu’arrive-t-il lorsque ça se prolonge? En fait, si j’avais une vie «normal » je partirais pour le travail ce matin. Pas de congé de maladie pour attendre des résultats de laboratoire surtout lorsqu’on ne souffre pas d’une affliction grave. Une condition qui ne demande qu’un substitut d’hormone mais qui ne peut pas vous faire mourir.

Mais dans l’éventualité où vous travaillez dans un pays moins fortuné, qui n’a pas nécessairement toutes les facilités, bien ça se complique. En plus, lorsque vous décidez de faire le suivi dans votre pays bien fortuné, il semble que vous fassiez l’école buissonnière. Je vous explique: Donc dans l’expectative d’un rendez-vous avec un spécialiste en allergie, j’ai du attendre mes vacances pour le consulter, un retour prévu lors de ma mission en République Démocratique du Congo pour avoir un contrat d’un an. Donc, me voilà dans le cabinet, heureusement les allergies alimentaires semblent ne pas en être, mais le doc me propose des tests sanguins. Re-belotte, j’ai ma glande thyroïde qui semble faire la grève, du moins son rendement est très largement sous optimal. Donc annulation du retour au travail, et plus de test et de la médication en vue. Le hic, il faut attendre de voir comment le corps réagit à la médication pour bien la dosée. En théorie; on aimerait tous vivre en théorie, je n’ai besoin que d’un accès à un labo et de la médication pour faire le suivi à distance, après avoir fait l’échographie de la dite glande.

Ok, pas de problème pour moi, je suis prête, mais qu’arrive-t-il lorsqu’aucun médecin de l’agence dit clairement non, mais qu’on t’annonce que « je ne peux pas te garantir la qualité mais on va essayer d’être vigilant ». Heu…. Je suis un peu cowboy, mais quand même. Le hic, c’est que les vacances sont trop courtes et qu’on aimerait rester un peu. Est-ce la vigilance ou la paresse qui prend la décision de rester pour faire le suivi? Avec mon doc, on pensait que le premier mois serait une bonne chose de le faire sur place. Qu’est-ce qu’on fait après? Le calibrage hormonal pourrait en prendre quelques uns, est-ce sage de retourner? Est-ce un caprice de rester?

En attendant patiemment, les émotions et la motivation se bousculent. Pour une fille de projet qui perd un peu sa drive après 6 mois, il ne semble pas juste de me faire retourner dans un projet dont je n’ai plus la passion. Mais en même temps c’est un peu de lâcher l’équipe qui est superbe et qui attende le retour.

En plus, il fait froid, c’est un mois pas préparé, et comme toutes personnes en vacances entourées de gens qui travaillent, le temps commence à être long. La frustration du manque d’organisation commence à se faire sentir, des besoins commencent à se créer (voir ici des dépenses inutiles) mais surtout l’impression de profiter du système parce que je suis en pleine forme. En fait, mes activités pour contribuer à ma santé et ma nouvelle condition, se limite à prendre un pilule par jour et faire des test sanguins au mois. 20 seconde par jour pour la première activité et quelques minutes pour la deuxième. Donc un gros 10 minutes par mois pour prendre la médication de substitution et disons 15 minutes pour la prise de sang. Tout ça, m’empêche d’aller au travail.

Tout ça en étant en pleine forme, sauf peut-être étant un peu déprimée par le froid du mois de février. Et oui, j’ai choisi mon mois pour être en stand-by au Québec. Du moi tout craché. Non mais il fait avouer que ça aurait pu tombé en juillet en plein festival d’été ou en automne pour aller faire de la randonnée dans les merveilleux parcs. Mais non, en plein hiver, pas préparée et pas équipée pour faire des sports d’hiver et surtout en choc thermique. De 40 degré ressenti à -15 ressenti (ok, là 0 c’est pas mal mais c’est loin du 35 et les gougounes).

Je ne me plein pas, j’ai la santé (en voie de devenir) et je suis en forme, donc rien à me plaindre de ce côté. Si tout va bien j’aurai mon mois de maladie payé, si je ne retourne pas, bien je terminerai mon contrat et espère avoir un peu de chômage. Parce qu’avec l’humanitaire, tu ne peux pas être en maladie at vitam aeternam. Tu as un mois et ensuite tu laisses ton contrat.

Alors que faire pendant ce mois d’attente? Bien des projets. C’est dans ma nature et je ne peux m’arrêter. Donc ce que je pensais faire à l’automne semble vouloir s’imposer au printemps. Retour dans l’ouest, parce que je m’ennuie trop et que j’ai besoin de le revoir, cours en leadership qui coûte la peau du cul mais qui semble parfait, un tour en France (prévue en mai) et d’autres possibilités qui tournent le coins.

Le problème avec les beaux projets, c’est que ça t’éloignent encore plus de la situation actuelle et que ça ne remonte pas la cote du projet effectif qui semble déjà bien loin dans le passé.

Des beaux dilemmes qui semblent futiles vue comme ça. Mais qui sont quand même réels. Mais surtout, ce que mes proches ne réalisent pas, c’est qu’ils y a des contrés plus compliqués que la « tranquille » République Démocratique du Congo qui m’attendent au détour.

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communication

Plus je voyage et surtout plus je travaille avec des gens de plusieurs nationalités, Dieu que je trouve que la communication est bien compliquée. Si seulement il s’agissait d’un problème de langue, même pas, je parle du français. Des francophones, la majorité de langue maternelle, qui ont de la difficulté à communiquer, à s’entendre et à se comprendre. Vraiment paradoxale comme situation mais que trop réelle.
Pour me plier aux exigences de communication de Médecins Sans Frontières, je me suis prêtée au jeu de passer par les équipes de communication pour écrire un blog et en plus, il se retrouve sur le site MSF. Je peux tout à fait comprendre cette exigence puisque de dévoiler certaines choses peuvent avoir un sérieux impact pour les équipes sur le terrain. Il faut se le dire, MSF joue dans des cours où ce n’est pas toujours sécuritaire et il peut être dangereux et voir fatal de révéler certaines choses ou ça peut tout simplement compromettre les négociations avec les autorités ou des groupes armés.
Le problème avec ce genre de blog c’est que ce n’est pas fait pour les réflexions un peu plus ludiques. On voit tellement d’horreurs ou de pauvretés qu’il est souvent décrie ces grandes questions existentielles qui dérangent l’être humain normalement constitué.
Pour moi, le but d’un blog est de s’exprimer, de dire ce qui nous passe par la tête et oui, j’ai ma façon d’écrire qui n’est nullement « politically correct » pour ce qui est journalistique. Mais malgré le fait que j’écris dans le blog MSF, j’écris pour ma famille, pour mes amis, mais ce n’est pas toujours compris et surtout MSF se permet de vouloir avoir main mise sur le contenue, ce qui pour moi est totalement contre l’idée du blog. Ok, je me contredis un peu ici, mais je pense que lorsque la sécurité est respectée, là s’arrête le carcan MSF.
Est-ce que je ne suis pas capable d’accepter la critique? Peut-être… un peu. Mais malgré tout je tiens à ma façon d’écrire bien que ça ne soit pas dans la norme. Est-ce que nous questionnons San Antonio (Frédéric Dard)? Loin de moi est de me comparer au génie de la dérision et de l’anti-convention, mais quand même! Par principe. Tiens je revois mon père lever le doigt en l’air et s’injurier sur je ne sais trop quel sujet, mais par principe… il s’opposait. La pomme ne semble pas être tombée loin de l’arbre. J’espère que j’ai un meilleur caractère, mais en même temps, j’espère avoir pu bénéficier de quelques gènes revendicateurs.
Loin de moi de me considérer revendicatrice. Je suis un peu pisou à vrai dire, mais il y a quelques sujets dont je ne veux pas plier. Bon, souvent ma revendication se limite à me barrer. Lorsque j’ai eu des difficultés avec mes premiers blogs, j’ai tout simplement cessé d’écrire. Étant donné que j’étais sous une nouvelle administration MSF, j’ai repris et ça semblait assez bien. J’ai dû me battre un peu pour garder quelques mots ou expressions d’argot, mais quand même ce ne fut pas trop mal. Mais je n’ai pas de grandes ouvertures, cette écriture m’appartient et j’en suis jalouse. Si ça ne convient pas à MSF alors tant pis.
Mais bon, là s’arrête ma revendication, n’empêche, la communication, c’est compliquée.

*le contenu du blog ne représente aucunement la position de MSF

Mes premiers pas en coordination

Ha! Déjà j’ai survécu à la première semaine qui dans le font n’a pas de début, ni de fin puisqu’il y a toujours des lectures, des courriels ou des sujets à discuter. C’est ça aussi la coordination, comme la gestion dans le grand Nord, ça n’arrête jamais, surtout dans notre tête. Il faut dire, j’ai une équipe de coordination assez hot, ils sont tous là depuis un bon moment et le Katanga est pas mal occupé.En ce moment on deal avec une épidémie de rougeole dans l’ex-province. Je l’expliquerai peut-être une autre fois, mais il parait qu’en 2006 il a été voté dans la constitution du RDC que les 11 provinces du pays se diviseraient finalement en 26. Ça n’a jamais été mis en œuvre avant aujourd’hui (le week-end dernier en fait) un an avant les élections fédérales. Diviser pour mieux régner? Je vous laisse faire vos propres conclusions. 

Pour des raisons pratiques, je vais vous parler du Katanga qui n’est plus, au lieu des quatre nouvelles provinces. Mais ici depuis janvier, plus de 16 000 cas de rougeole a été signalés et 267 décès. Donc c’est en pleine campagne de vaccination que je suis arrivée et en parallèle la préparation pour une autre campagne de vaccination de masse. Je dois dire q ue je suis impressionnée par notre équipe ERU (emergency reponse unit). Ils sont entrain de planifier la prochaine campagne et je ne sais pas si je pourrais faire tout ça. Notre super PC (project coordinator), une magnifique colombienne qui court de tous les côtés pour la préparation. 

Donc meetings pour savoir ce que nous ferons avec la première campagne et re-meeting pour organiser la seconde. En pensant qu’une troisième est dans le pipeline. Kinkondja est au milieu des lacs, beaucoup de lacs, et comme l’école est terminée, bien les familles se dispersent en pirogue pour se trouver un spot de pêche bien tranquille au milieu de rien. Le défi est de les trouver ces gens, et vacciner les 6 mois à 15 ans. Les équipes de vaccination sur des bateaux, sillonnent les rives pour offrir aux parents l’opportunité de vacciner leurs enfants. On en a vacciné quelque 43 000 enfants jusqu’à maintenant. Mais les chiffres sont difficiles à comprendre parce selon le ministère de la santé, nous aurions vacciné 43% des enfants de ce groupe d’âge, mais selon nos chiffres, bien nous en avons vacciné 73%.

Pour ceux qui s’y connaissent un peu, bien, ça fait une différence dans une région où la rougeole revient et revient. Mais bon, malgré nos chiffres c’est encore trop peu pour protéger la communauté d’une autre épidémie. Quoi faire pour les rejoindre, comment faire pour tous les retrouver, mais aussi pour les convaincre? Oui, ils ont le choix de ne pas faire vacciner leur enfants, j’en conviens, mais ils meurent ces enfants et c’est triste, surtout parce que c’est évitable. A chaque fois que j’entends parler d’une vaccination de masse, et surtout lorsqu’il est si difficile de rejoindre les gens sur des terrains presqu’impraticables, je pense toujours à ces gens justement qui ne veulent pas la vaccination chez nous. Si seulement ils savaient que leurs enfants peuvent mourir de cette maladie, bien peut-être qu’ils changeraient d’idée? Mais bon, j’imagine que dans nos pays, malgré que la rougeole revienne lorsqu’il y a trop de réfractaires, on est capable quand même de sauver leur vie et ça ne devient plus une menace. Un peu comme le VIH qui est devenu une maladie chronique en quelque sorte. 

Alors pour combattre la flambée dans la province, plusieurs sections de MSF s’épaulent pour vacciner. Ça vaccine, ça pique et ça prend en charge les petits malades aux quatre coins de la province. MSF Suisse a débarqué du Sud-Kivu pour venir donner son aide, MSF France aussi est de la partie. C’est des milliers de fioles, des milliers de seringues, des frigos, des icebacks (accumulateurs) et beaucoup, beaucoup de ressources humaines pour y arriver. C’est quand même cool de pouvoir tous se réunir pour coordonner ce qui se passe sur le terrain, pour se parler de nos bons coups mais aussi de nos difficultés. 

Aussi, bien MSF ce n’est pas seulement faire soit même. Il y a toujours un petit côté de nous qui veut dire ce qui fait défaut. Mais où est le Ministère de la Santé? Bien il est là et il nous surveille, malgré le fait que les campagnes de masse soit sur son protocole national, il n’y a pas d’action. Mais le problème en ce moment c’est que par le passé nous n’avions pas beaucoup de contact. Alors ça sera ma job dans les prochaines semaines. Aller vers eux, les voir, leur expliquer notre travail, nos intentions et aussi pour leur apporter notre soutien. Nous voulons leur collaboration pour un seul et unique but: stopper cette flambée de rougeole, sauver les vies de nos petits malades… en espérant qu’ils n’iront pas se réfugier chez les tradi-pratciens, qui ont leur place, mais je dois dire que dans le cas de la rougeole, ils n’ont pas trop du succès. Nos décès sont souvent dû à des intoxications de médecine traditionnelle… il y a ça aussi comme défis. Mais bon, c’est un autre sujet complètement. 

Malheureusement je ne crois pas que j’aurai la chance de pouvoir voir la campagne a Kinkondja. Nous sommes à quelques semaines de la fin et ce n’est pas tout. Il y a aussi Shamwana, notre projet ancre qui continue de rouler pendant ce temps et où il y a beaucoup à faire. Et comme les transports sont pas si souvent (un avion quelques fois par mois) bien je crois que je vais manquer mon tour. Mais je me promets d’aller à la prochaine, qui devrait commencer dans quelques semaines. Un jour on pourra intervenir à deux places à la fois, mais pour le moment, le manque de ressources, surtout humaines, nous empêchent d’accomplir cette tâche titanesque. 

Bon, bien je crois que je vais aller me recoucher. Un petit intermède à ma nuit. Demain sera un autre jour de plannif. Ha! Non! C’est dimanche et pour une fois mon équipe de coordo se permet de prendre quelques heures de repos. Bonne occasion pour moi de rattraper les nombreuses lectures en retard! Aller up! National staff health policy… ça vous dit quelque chose?

Prémis de mon aventure comme Coordinatrice médicale (MedCo)

Alors voilà, une nouvelle aventure MSF commence pour moi. Cette fois-ci je serai Coordonatrice Médicale (MedCo) à Lubumbashi dans la province du Katanga au sud de la République Démocratique du Congo. Dans ma vie, ça fait la troisième fois que je mets les pieds au Congo. D’abord un mission au Sud Kivu à Shabunda en 2004 et l’année dernière au Nord Kivu à Mweso. Mais toujours en gestion. (avaec une petite pause MSF de 10 ans)
Je suis de ces médics qui aiment la gestion et qui se sentent plus utiles à être présents pour leurs équipes d’intervenants, de les soutenir, que d’être au chevet des patients. Il en faut des gens pour prendre soins des médics! Mais en même temps la barre est haute et il y a beaucoup d’attentes. C’est qu’ils sont très exigents aussi ces médics! Pour eux-même d’abord, mais aussi pour leur supérieur. Mais il faut croire que j’aime ça puisque c’est ce que j’ai fait principalement dans les 5 dernières années autant dans le civil (hors MSF) qu’avec MSF.
Mais bon, je sais, la gestion c’est beaucoup moins sexy que les missions sur le terrain. Malgré le fait que moins de 24h après mon arrivée j’étais déjà bien occupé avec les briefings qui peuvent durer 4h d’affilées que pour effleurer les sujets, ce n’est pas la même chose que de commencer la préparation d’une campagne de vaccination. Première action de Medco que j’ai fait d’ailleur, s’est de signer une lettre de demande de vaccination de masse. Ouf! Loin d’Indiana Jones, mais quand même il faut penser que ces lettres doivent être signées pour que l’action commence… Ok, la fille se motive là!
Donc, je suis excitée au fait de penser qu’il faut aller sur le terrain pour aller rencontrer les équipes, les écouter, leur parler et voir avec eux ce qu’il faut faire pour la suite. J’ai de la peine à dormir puisque’il y a toute cette réflexion sur les prochaines stratégies que nous devrons décider au niveau de la coordination. Il faudra réfléchir, planifier, négocier, se tromper, réévaluer, replanifier et renégocier et recommencer, mais c’est ce qui rend le travail excitant. Mon seule soucis dans cette minute et de tout faire pour être une MedCo à la hauteur et pouvoir donner aux équipes ce qu’ils ont besoins pour faire leur travail. Le reste? Bien ça viendra avec…
Aussi il y a cette chance de côtoyer des personnes extraordinaires, des gens intelligents, efficaces et dédiés. Ce qui rends mon travail encore plus intéressant et enrichissant. 
Pour le moment toute la complexité de la situation au Katanga est encore flou, mais elle a son atrait. Ce n’est pas la guerre, ce n’est pas le tsunami, mais les gens meurent et nous devons agir. En face de moi il y a une montagne et je dois la gravire un pas à la fois: mon mantra pour les prochaines semaines. 
*Une chose à la fois*…

Dans le jus, always

Ha! C’est bon des fois de prendre un peu de temps pour réfléchir à ce qu’on a à faire. Procrastination oblige, c’est peut-être pas le meilleur temps de rêver quand on se sent dans le jus. Mais pour l’amour du ciel, pouvez-vous bien m’expliquer pourquoi je me sens dans le jus quand j’ai 3 mois de vacances?

C’est peut-être parce que je me suis mise dans la tête de faire de 3 à 4 fois par semaine du Yoga chaud Prana, 2 fois par semaine de la rame, de courir (ce que je n’ai presque jamais fait), d’organiser un départ d’un an, de ne pas louer de voiture pour prendre plus de temps pour mes déplacements (après 10 mois de restriction de mouvement tu as envie de marché… c’est comme ça). Peut-être aussi parce que j’avais planifié d’apprendre l’espagnol, ce que je n’ai pas eu le temps de faire mais ça me reste dans la tête surtout après une semaine en République Dominicaine à dire aux gens « no ablo espagnol » et hausser les épaules parce qu’ils pensent tous que tu es dominicaine et que tu les snobes parce que tu ne leur parles pas dans leur langue. Bon, une chance que je suis capable de baraguouiner que mon père était haïtien ( je le disait au présent, ils ne savent pas qu’il n’est plus de ce monde)  et que ma mère est canadienne. Un énorme HAAAAAAAA! s’en suivait comme de soulagement à leur première idée qu’ils avaient de moi. 

Mais bon, pour en revenir à mon jus. Oui, aussi prendre le temps de se préparer pour cette semaine en République Dominicaine, préparer le petit voyage au BC pour le mariage de mes amis et en même temps faire quelques treks dans ce qui est maintenant la moitié du temps prévue à la base. Ce qui rend la destination de Calgary beaucoup moins pratique qu’elle ne l’était au départ pour un mariage sur l’Île de Vancouver….

Alors voici la parfaite façon de se pleindre le ventre plein. Parce qu’il faut le dire, je suis la seule instigatrice de ce stress et de ce sentiment de course. Tiens, moi qui me plein encore que la course me manque… 

Mais bon, aussi on peut voir la chose de l’autre sens. Je ne suis au Québec que pour 3 mois. Alors je veux en profiter ce qui engendre se sentiment d’ensevelissement sous toutes ces choses qu’il faut faire avant le nouveau départ. Ha! Il y a aussi le chômage, les impôts, la RAMQ, le permis de conduire, Etc…. J’avais oublié toute cette belle administration qui s’est ajoutée à mes activités. Quand même il n’y avait pas juste du plaisir. 

Alors pourquoi en tant qu’adulte qui, finalement, n’a pas grand chose d’urgent à faire et qui est techniquement en vacances, se sent coupable de ne pas bouger, de prendre le temps d’écrire à 7h du matin? Merde, je suis encore en pyj à 8h!

Ha! J’imagine que déblatérer sur le sujet pendant une heure fera la job… de prendre du temps pour se sentir encore plus dans le jus après. C’est un cercle vicieux qu’on appelle ça. 

Le pire c’est de planifier du temps à soi mais à la toute fin de ses vacances. Alors fait pernicieux, on a hâte mais en même temps ça signifie la fin de la période de vacances. Mince, on s’en sort pas! Alors note à moi-même: Prochain entre deux missions, planifier voyage au milieu du temps de vacances.

En même temps, petit plaisir coupable, je commence à avoir hâte à la prochaine mission. Je pense à ce que je vais apporter. Je me planifie un programme, qui nécessairement changera avec le contexte que je ne connais pas encore. J’ai hâte d’aller au QG à Amsterdam pour revoir des connaissances bien intéressantes et allumées. Des gens beaucoup plus informés que moi qui me donnent envie de faire ce métier. De sentir cette adrénaline du nouveau, pas si nouveau… je retourne en République Démocratique du Congo quand même! 

Ha! Comme quoi la vie est une roue qui tourne. Et Dieu que je ne la changerais pas! Mais bon, savoir me calmer les nerfs et peut-être ne pas être aussi rigide et me clamer le pompon pour faire ce qui me plait. Voilà peut-être la réponse à ma question: Me clamer le pompon. Et vlàn! Psychopop, je viens de me sauver des centaines de dollars en livres « self help » (ou de développement personnel, mais il me semble qu’il utilisent une autre expression en français chez Renaud Bray?)

Alors voilà, une heure et quelque d’écriture pour trouver la solution à mon mal être qui sera au même point dans quelques minutes, quand j’aurai sauté dans la douche et définitivement changé mon pyjama pour une tenue plus appropriée pour une fille dans le jus! 

Comment revenir en arrière en douceur?

Bon bien il y a quelques années, je savais que je n’étais pas faite pour la course. Preuve, je ne courais pas plus de 2 minutes en ligne. Ensuite j’ai rencontré un collègue qui m’initia aux ceintures qui prennent le rythme cardiaque en m’expliquant qu’en courant à 70% de ma vitesse, je brûlerais 70% des calories en gras. Mais comme ça demande trop de temps pour avoir un nombre suffisant de dépense en calories, il est recommendé de viser 80%, qui consomme 50% des calories en gras, mais comme ça prend moins de temps pour dépenser plus de calories, au bout du compte c’est plus efficace.

Donc selon les tableau pré-établie, parce que je n’ai pas mon propre VO2 max, bien je dois rouler à 144 battements par minute. Pour une fille qui peut atteindre 120 au repos…. on peut dire que ça court pas vite. Mais miracle, ce ralentissement bien veillant m’a permis de passer de 2 minutes à 40. Quand même, un bon deal. Surtout ça m’a permis de croire que moi aussi je pouvais courir. 

Alors donc avec mon petite côté TOC, j’ai fait un 10km sur le Petit Train du Nord en 2012, demi-marathon en Virginie en 2013 et bien sur, un marathon dans le Nunavut en 2013. Ensuite? Pas grand chose.. quelques courses par-ci par-là. J’ai bien essayé mais la motivation n’était pas là.

Ensuite, pendant 10 mois je n’ai pas eu la possibilité de courrir vraiment. Donc je me retrouve de retour à Québec en aillant de la difficulté à courir 3km. Bon, sur tapis roulant ce n’est pas évident, mais quand même j’ai déjà fait 15 miles… paget oblige (de rester près d’un téléphone!)

Petite semaine à Punta Cana, rien, mais rien à faire. Quoi d’autre que d’aller au Gym pour passer les heures les plus chaudes à se mettre en forme? *6jours, 6 courses*…. de 3km à 5km. Objectif atteint. 🙂

Mais Dieu que les longues distances me manquent! Et ce n’est certes pas en ville que je vais les faire…parce que vous comprendrez que la fille qui a apris à courir dans la toundra a un peu de difficulté de faire ça dans les rues de la ville. 

En plus, elle est difficile!!!!! 😛

Mais bon, une chose à la fois, un petit 10km en descente pour 2015. Déjà un objectif. Vous comprendrez aussi que la fille est une fille de projet et d’objectif, elle a un mal fou à faire quelque chose sans avoir une carotte au bout! Bon la fille c’est moi, je ne comprend pas encore pourquoi j’écris à la 3ième personne .. peut-être pour me détacher un peu ? Qui sait?

Donc voilà, oui c’est douloureux d’avoir un objectif de 10km après avoir fait un marathon dans l’extrême nord du pays. Mais, quand tes choix de vie ne te permettent pas de donner cet effort qui ne t’est pas naturel? Parce que la course, l’activité physique ne sont pas naturel pour tous… et moi, le « couch patato » est extrêmenet fort.

Un jour, peut-être, je pourrai enfin avoir cette motivation et cette énergie que j’envie tant aux sportifs. Mais quand les résultats ne sont pas au rendez-vous…. ça démotive. Mais on ne lâche pas, il parrait que c’est bon pour la santé! 

Donc revenir en arrière pour ne pas lâcher complètement. OK, on va dire que c’est une bonne motivation… mais ça fait suer en maudit….. littéralement…..!

Comment ne pas tomber en amour avec son père?

Une chose qui me facine en étant dans dans un tout inclu à Punta Cana entourée de petites familles, c’est de voir ces beaux jeunes hommes, probablement fin vingtaine ou début trentaine avec les enfants. Je vois ces beaux hommes bien baraqués, souvent bien bronzés, tatouage inclu avec leur petites cocottes dans les bras. 

Comment ne pas tomber en amour quand tu mesures 3 pommes et que tu as ce merveilleux personnage qui te traite comme une princesse, ce même homme à tes pieds qui te regarde avec tant d’admiration? Il est fort, te protège, répond à tes moindre désirs et te fait rire. Avec lui tu expérimentes la vie, tu sautes dans l’eau sans avoir peur, il te fait sauter haut et te rattrape toujours… sans exception. 

Me semble que c’est l’homme parfait. Du haut de tes 2 ans et quelques mois, tu es aux anges.

Est-ce un peu de ce sentiment que nous recherchons quelque part? Sans tomber dans le mélo ou dans le psycho-pop. Mais quand même, il faut avouer qu’on aimerait bien se blotir dans le creux du cou de celui qui est le plus fort. 

Comment ne pas tomber en amour avec ce père? Le plus fort c’est mon père!  

J’aurais aimé un peu plus tard

J’aurais aimé dormir un peu plus, masi je dois dre que je me suis couchée très tôt. Alors voilà, 1h30 it is! Mais je compte bien me recoucher. C’est juste que je m’ennyais hier. Avec les exercices, je ne sais plus ce que je veux après. Si ça me trouble tant que ça, je me demande comment je fais pour faire ma journée.
ILs sont fous! Je dois dire que je ne comprend pas le monde. Et je suis certaine qu’il sera de plus en plus difficile de le faire maintenant. Avec toutes ces tragédies. Masi je n’ai aps le goût de penser à ça.
J’ai perdu un pouce de seins. Yes!!!!! J’ai surtout aimé rapetisser ma brassière de sport. Ce fut une belle surprise. Mince alors! En 4 semaines pas mal!

En passant

Les douleurs du yoga

Quand ça fait déjà quelques mois que tu ne fais presque rien en fait d’exercice, il est normal d’être un peu raqué. Mais bon, un jour tu te dis qu’il faudrait bien faire plus que les 100 mètres qui te séparent de l’hôpital, surtout que tu n’y vas pas tous les jours. Et oui, certains jours, tu restes là, derrière ton ordinateur qui se trouve à 20 mètres de ta chambre, bon 20 mètres aller-retour plusieurs fois par jours…. peut-être, et je dis bien peut-être, tu réussis à marcher tes 100 mètres ces jours là aussi…
Mais bon, aussi comme tu n’aimes absolument pas faire de l’exercice en présence des autres et que contraiment à plusieurs personnes, tu aimes en faire le matin plutôt que le soir, bien tes chances d’avoir de la motivation par tes paires est encore diminuée. Donc toutes les raisons sont bonnes. Malgré tout, un jour, tu dis à ta collègue de ne pas t’oublier la prochaine fois qu’elle fera du yoga. Parce que bien sûr, après tes maintes refus, elle a cessé de te le demander. Donc voilà, une séance de yoga et c’est fait. Tu retournes à ton iPad et comme tu avais downloader (et oui, un verbe du premier groupe…) des applis sur le yoga, pour une fois tu prends le temps de les regarder.
Alors tu commences sur ton tapis qui te vient directement du Chad et tu fais du yoga dans ta chambre maintenant, parce que tu n’aimes pas devoir attendre après les autres. Et le lendemain, vu qu’un de tes collègues ta donner les vidéos d’Insanity que tu manquais tant, tu t’y remets aussi au petit matin. mais l’horaire est un peu plus corsée qu’à Kuujjuaq parce que tu commences à travailler à 7h30 au lieu de 9h00. Mais bon, vu que tu vas rarement au lit après 21h et c’est souvent à 20h00, donc tu es bonnes pour faire une nuit de 7h malgré que tu te réveilles à 4h du matin…
Donc le soir venu, après le travail tu te tapes une petite demi-heure de yoga… mais comme tu as toujours le haut du dos complètement crampé, les séances de yoga te donnent un peu mal au dos et au cou… faut croire qu’il faut souffrir avant de devenir loose! Pour le moment tu ne sens pas encore les effets d’Insanity, c’est le yoga super tranquille de la petite asiatique qui te crampe le plus… va savoir??????? 🙂 Tiens, dans les dents Shaun-T!!!!!! 🙂

En passant

Katiana chez les Belges, ou là où on boit du Nescafé!

Bon me voici dans un autre monde. Pourtant je suis toujours au Congo, mais un Congo vue par MSF Belgique, OCB maintenant qu’ils l’appellent je crois. Alors lorsqu’on est à Rome, nous faisons comme les romains. Déjà, couvre-feu à 23h. C’est pas mal, pas besoin d’identification MSF ou de communication pour aller dans un rayon de 200m. Mais il y a moins de confort, alors une base avec 16 chambres, des invités tout le temps expats ou staff national, pas vraiment d’intimité et surtout! Pas de vrai café! Quel horreur! Heureusement j’ai trouvé du vrai lait (bon, vrai… UHT) dans le frigo. On ne se rend pas compte de la chance qu’on a d’avoir une base qui est alimenté 24h par la génératrice de l’hôpital. On ne se rend pas compte la chance qu’on a d’avoir accès à la cuisinière (un fourneau et non la personne) 24h sur 24h avec 3 cafetières italiennes pour faire une usine à café le matin pour tout le monde. On ne se rend pas comte de la chance de pouvoir se faire à manger lorsque ce qui nous est offert ne fait pas notre bonheur. En plus, il fait assez chaud pour aller au toilette sans mettre de polar avant de sortir de sa chambre… c’est quand même génial ça! Mais bon, un fois le choc culturel passé, on s’habitue. Pas au café, mais au reste.
Masisi est une région dans les montagnes, d’énormes amoncellements entourent la base. C’est magnifique et tout vert. Ha! Comme quoi le Congo est un pays magnifique, je comprend tellement Tintin d’y avoir consacré un bouquin. Quoi que le sujet n’est peut-être pas très politically correct ces jours-ci, mais bon, ça valait la peine de souligner cette magnifique contrée.
Alors voilà ma première impression de la base belge. J’ai bien hâte de voir ce qui nous diffère tant dans notre façon d’aider la population. Ce sera une visite éclaire, beaucoup en peu de temps.
Malheureusement je ratterai le BBQ de samedi, mais surtout les frites belges!